Édition 20.1.1
Au cœur de la douleur : l’inspirant parcours d’une infirmière praticienne qui redonne espoir
Voici le portrait d’une IPS dédiée à la douleur chronique, où se mêlent expertise clinique et profonde humanité. Guidée par un engagement profond envers ses patients, elle incarne une approche empathique, innovante et centrée sur la personne, transformant chaque rencontre en un espace de compréhension et d’espoir.
Derrière la professionnelle, une femme passionnée
Sophie De La Sablonnière est une femme persévérante et passionnée, mère de deux garçons qu’elle élève presque seule. Au-delà de son rôle d’IPS, elle se révèle sportive engagée et polyvalente, passant du yoga au Pilates, jusqu’à ses plus récentes participations aux Spartan Race, dont elle est particulièrement fière.
Elle se décrit comme une personne sensible, profondément attachée à la nature et au plein air. Toujours souriante, avec une approche douce et bienveillante, Sophie dégage une confiance et un calme qui s’imposent naturellement à quiconque a la chance de la rencontrer.
De la formation à la spécialisation : un chemin guidé par l’humain
Après environ 10 ans comme infirmière clinicienne, Sophie de la Sablonnière a plongé tête première dans l’exigent parcours pour devenir IPS ayant comme principale motivation d’offrir les meilleurs soins possibles à ses patients en soins palliatifs.
En 2019, elle s’inscrit alors à l’Université Laval, où elle fait la maitrise ainsi que le DESS requis pour devenir infirmière praticienne spécialisée. Elle rallonge légèrement son parcours à 3 ans afin de répondre à ses responsabilités de maman et de continuer à travailler à temps partiel dans la spécialité qui la passionne, les soins palliatifs. D’autres défis inattendus, comme la pandémie de 2020, sont également venus compliquer le parcours de Sophie, qui n’a jamais perdu de vue son but. Elle nous confesse que la présence et l’aide inestimable des gens qui l’entourent ont considérablement contribué à sa réussite.
À la fin de son parcours, pendant ses stages, elle est inévitablement tombée en amour avec l’Hôtel Dieu de Lévis, endroit où elle pratique depuis sa graduation en 2022. Ce coup de foudre avec ce milieu clinique a provoqué un revirement de situation pour Sophie, qui avait toujours planifié de retourner travailler dans sa spécialité fétiche. La clinique de la douleur s’est avérée être le choix le plus intéressant pour demeurer à cet hôpital qui l’avait tant charmé. Sophie avoue qu’elle pensait initialement que la pratique en douleur chronique serait très similaire à ce qu’elle connaissait en soins palliatifs. Toutefois, elle constate rapidement que c’est une spécialité unique en soi. Elle décide alors de poursuivre ses études dans un microprogramme de 2e cycle en évaluation et gestion de la douleur à l’Université de Sherbrooke.
Sophie soutient que, malgré les particularités de chaque spécialité, son expérience en soins palliatifs lui permet d’accompagner la personne dans son épisode de vie tout en tenant compte de ses croyances, de ses besoins et de son vécu unique. En gros, de soigner la personne dans son entièreté.
La complexité d’un symptôme invisible : le pouvoir d’une alliance thérapeutique durable
Comme mentionné ci-haut, initialement, le choix de la clinique de la douleur a été fait surtout en tenant compte de l’endroit physique où celle-ci se trouvait. Toutefois, aujourd’hui, Sophie soutient qu’elle se sent épanouie dans ce rôle grandement teinté d’humanité.
Chaque jour, Sophie voit un nombre variable de patients allant de 18 à presque 100 ans. Elle mentionne que ces patients sont souvent en liste d’attente depuis de longues années et qu’ils ont déjà vu plusieurs professionnels pour essayer de trouver une solution à leur souffrance. Il s’agit d’une clientèle fatiguée et incomprise. Ainsi, la relation de confiance avec le patient s’avère fondamentale. L’enseignement de l’autogestion correspond à une grande partie du rôle de l’IPS à cette clinique, Sophie le décrit comme la pierre angulaire en douleur chronique. C’est grâce à ceci qu’elle est capable de défaire de fausses croyances tout en apprenant à l’usager comment bien prendre en charge la douleur avec laquelle il compose quotidiennement.
En plus de son temps en clinique, qui représente la majorité de sa tâche, Sophie anime, en alternance avec d’autres professionnels de la santé, plusieurs groupes de gestion de la douleur autant en présentiel qu’en ligne. Ces groupes permettent, entre autres, un suivi plus rapproché pour certains patients qui ont davantage besoin de soutien.
Une collaboration interdisciplinaire au cœur de la douleur
La clinique de la douleur représente un milieu émergent pour la pratique infirmière avancée. Malgré la nouveauté de ce rôle, l’intégration avec les médecins collaborateurs se déroule de façon très positive. En effet, Sophie souligne la qualité de sa collaboration avec l’ensemble des anesthésiologues ainsi qu’avec un omnipraticien, que ce soit pour des questions cliniques ou pour des références touchant certains patients nécessitant des interventions particulières. Les médecins apprécient de pouvoir compter sur une professionnelle hautement compétente, offrant une vision globale du patient et assurant un suivi rigoureux, efficace et accessible.
Au sein de la clinique, Sophie bénéficie également du soutien d’un physiothérapeute, d’un ergothérapeute ainsi que de 2 psychologues. Des rencontres interdisciplinaires fréquentes permettent d’ajuster les interventions selon l’évolution de chaque situation, tout en gardant le patient au centre de toutes les décisions.
En ce qui concerne les patients, le temps d’écoute jumelé à la prise en charge globale et à la grande disponibilité de l’IPS est énormément apprécié. Sophie nous confie qu’il y a un grand pourcentage de ses patients qui présentent des problématiques de santé mentale pouvant être exacerbés par la douleur chronique et vice versa. Alors, se sentir validés et écoutés représente pour eux la base d’une bonne relation thérapeutique.
Croire en soi pour mieux accompagner
Pour Sophie, il est essentiel que les futures IPS comprennent que la réussite repose d’abord sur la confiance en soi et sur la capacité à reconnaitre que les défis font partie intégrante du parcours. Normaliser les moments de doute, sans se laisser envahir par le découragement, permet de persévérer et de grandir dans ce rôle exigeant. Elle rappelle également l’importance de se reconnecter au sens profond de ce choix professionnel : la volonté d’accompagner, de soigner et de faire une réelle différence. La diversité de notre rôle représente, selon elle, une richesse indéniable, offrant l’opportunité d’explorer différentes disciplines et de développer une pratique propre. Elle conclut en soulignant le privilège qu’elle ressent de pouvoir être présente pour ses patients dans leur trajectoire de soins, en contribuant concrètement à l’amélioration de leur qualité de vie.
Auteure
Vanessa Puello, Inf., M. Sc., D.E.S.S. IPSSA, IUCPQ
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